L’aggravation de votre peau après l’arrêt des silicones n’est pas un échec, mais un diagnostic : elle révèle enfin ses vrais besoins, jusqu’ici masqués.
- Les imperfections sont souvent dues à une routine de nettoyage inadaptée aux soins naturels, qui nécessite un double nettoyage systématique.
- La clé est d’apprendre à distinguer si votre peau a soif (besoin d’hydratation) ou faim (besoin de nutrition) pour lui apporter une réponse ciblée.
Recommandation : Remplacez les gestes agressifs (gommages à gros grains, nettoyants décapants) par des rituels doux et une observation attentive pour accompagner votre peau vers son nouvel équilibre.
Vous avez fait le grand saut. Inspirée par une prise de conscience écologique ou simplement par le désir d’une routine plus saine, vous avez banni les silicones de votre salle de bain. Vous attendiez une peau radieuse, purifiée, reconnaissante. À la place, c’est la déception : petits boutons, zones de sécheresse, teint terne… Votre peau semble pire qu’avant. Cette réaction, souvent appelée « effet rebond », est une expérience déroutante et décourageante pour beaucoup de femmes. On vous a sans doute conseillé d’être patiente, que c’est une « phase de détox » normale et qu’il faut simplement « laisser le temps faire son œuvre ».
En tant que facialiste, ma vision est différente. Je ne vois pas cette période comme une simple purge à subir, mais comme une opportunité de diagnostic exceptionnelle. Pendant des années, les silicones ont agi comme un film plastique, un « cache-misère occlusif » qui donnait une illusion de perfection en lissant la surface. En retirant ce film, votre peau ne se « détoxifie » pas : elle se révèle. Pour la première fois depuis longtemps, elle vous parle sans filtre et vous montre ses véritables déséquilibres. A-t-elle soif ? A-t-elle faim ? Est-elle agressée ? Comprendre ce message est la clé d’une transition réussie.
Cet article n’est pas une simple liste de produits à acheter. C’est un guide pour vous apprendre à écouter votre peau, à décrypter ses signaux et à ajuster vos gestes avec la précision d’une experte. Nous allons voir ensemble comment adapter votre nettoyage, faire la différence cruciale entre hydratation et nutrition, déconstruire les mythes tenaces et enfin, devenir autonome dans le choix de vos soins. Car le but n’est pas de subir une transition, mais de la maîtriser pour retrouver un épiderme non pas masqué, mais authentiquement sain.
Pour vous guider pas à pas dans cette rééducation cutanée, cet article est structuré pour répondre aux questions les plus urgentes. Découvrons ensemble comment transformer cette période de doute en une nouvelle alliance avec votre peau.
Sommaire : Le chemin vers une peau équilibrée après les silicones
- Huile + Savon : pourquoi le double nettoyage est-il obligatoire avec les produits naturels ?
- Votre peau a-t-elle soif (eau) ou faim (gras) : le test simple pour savoir
- Pourquoi utiliser du savon de Marseille sur le visage est une mauvaise idée ?
- L’erreur de frotter son visage avec du marc de café trop gros
- Faut-il vraiment se laver le visage le matin avec une routine naturelle ?
- Dimethicone, Amodimethicone : comment les repérer en 2 secondes sur une étiquette ?
- Pourquoi le maquillage nude ne tient pas sur une peau déshydratée ?
- Pourquoi votre crème « naturelle » contient-elle quand même des perturbateurs endocriniens ?
Huile + Savon : pourquoi le double nettoyage est-il obligatoire avec les produits naturels ?
L’une des premières causes de l’apparition d’imperfections lors du passage au naturel est un nettoyage inadapté. Vous aviez l’habitude d’un gel moussant qui laissait la peau « propre », presque crissante. Or, l’univers des cosmétiques naturels est fondamentalement différent : il est riche en corps gras. Les huiles végétales, les beurres, les cires sont la base de vos nouvelles crèmes, sérums et même de certains maquillages. Tenter de retirer ces textures riches avec un simple nettoyant aqueux est aussi inefficace que d’essayer de nettoyer une assiette grasse à l’eau froide. Le résultat ? Les résidus gras s’accumulent, obstruent les pores et créent un terrain propice aux comédons et aux boutons.
Le double nettoyage n’est donc pas une option, mais une nécessité. Le principe est simple et repose sur une loi chimique fondamentale : « le gras dissout le gras ».
- La première étape (phase huileuse) : On applique une huile démaquillante ou une huile végétale simple (jojoba, amande douce…) sur peau sèche. On masse doucement le visage. L’huile va se lier au maquillage, à la crème solaire, à l’excès de sébum et aux impuretés lipophiles, les dissolvant en douceur sans agresser le film hydrolipidique.
- La deuxième étape (phase aqueuse) : Après avoir rincé (ou non, selon les produits) la phase huileuse, on utilise un nettoyant très doux, comme un syndet sans savon ou un gel nettoyant au pH physiologique. Son rôle est de retirer les dernières impuretés, les résidus d’huile et les particules hydrosolubles (poussière, transpiration).
Cette méthode en deux temps est la seule qui garantit une peau parfaitement propre mais non décapée. Elle prépare l’épiderme à recevoir les soins et prévient l’obstruction des pores, principal responsable de « l’effet rebond ». C’est le geste fondamental pour réussir votre transition.
Votre peau a-t-elle soif (eau) ou faim (gras) : le test simple pour savoir
Voici le cœur du diagnostic. Le film de silicone que vous utilisiez auparavant était occlusif : il empêchait l’eau de s’évaporer, donnant une fausse sensation d’hydratation, tout en lissant la surface. Maintenant que ce « vernis » a disparu, la vraie nature de votre peau apparaît. Les tiraillements, la desquamation ou le teint terne ne sont pas des signes que le « naturel ne vous convient pas », mais des indicateurs précieux de ses besoins profonds. Il faut apprendre à les distinguer : la soif (manque d’eau) et la faim (manque de gras).
Les silicones déposent un film étanche à la surface de l’épiderme, mais cet effet n’est que temporaire. Pire, peau ou cheveux, artificiellement protégés, ne savent plus se défendre seuls, deviennent dépendants.
– oOlution, Guide cosmétiques sans silicones
Pour faire la différence, voici un test simple à réaliser après avoir nettoyé votre visage. Ne mettez rien pendant 10 minutes et observez :
- Votre peau tiraille, semble tendue, présente de fines ridules de déshydratation, surtout sur les joues ? C’est un signe de soif. Votre peau manque d’eau. Elle a besoin d’actifs hydratants comme l’acide hyaluronique, l’aloe vera, la glycérine végétale, les hydrolats (eaux florales).
- Votre peau pèle, est rugueuse au toucher, présente des zones de sécheresse (ailes du nez, menton), et votre teint est terne ? C’est un signe de faim. Votre peau manque de lipides. Elle a besoin d’huiles végétales (jojoba, argan, avocat…), de beurres (karité) et de céramides pour restaurer son film hydrolipidique protecteur.
Une peau peut bien sûr avoir soif et faim en même temps. La stratégie est alors d’apporter d’abord l’eau (sérum hydratant, lotion) puis de « sceller » cette hydratation avec une phase grasse (crème nourrissante, quelques gouttes d’huile). Cesser de traiter votre peau comme un tout uniforme et commencer à répondre à ses besoins spécifiques est la transformation la plus profonde de votre routine.

Cette vue rapprochée illustre parfaitement la complexité d’une peau en transition. On peut y distinguer à la fois des zones qui manquent de souplesse, signe d’un besoin en eau, et une texture qui révèle un besoin de lipides pour être confortable. Votre objectif est d’apprendre à lire cette carte.
Pourquoi utiliser du savon de Marseille sur le visage est une mauvaise idée ?
Dans la quête d’un retour au « simple » et au « naturel », le savon de Marseille est souvent perçu comme un Graal : authentique, multi-usage et économique. S’il est excellent pour de nombreuses tâches ménagères, son utilisation sur la peau délicate du visage est une erreur majeure, surtout pendant une phase de transition. La première raison est son pH très alcalin (autour de 9-10), alors que le pH naturel de la peau est acide (environ 5,5). Ce décalage brutal agresse et détruit le film hydrolipidique, cette barrière protectrice que vous essayez justement de reconstruire. Une peau décapée devient vulnérable, se déshydrate plus vite et peut même surproduire du sébum pour se défendre, aggravant les imperfections.
Le second problème, et non des moindres, est la contrefaçon. Le terme « Savon de Marseille » n’est pas protégé par une appellation d’origine contrôlée (AOC). Le résultat est sans appel : on estime que près de 95% des savons de Marseille vendus sont des faux, souvent fabriqués à l’autre bout du monde. Ces copies industrielles sont loin de la recette traditionnelle à base d’huiles végétales.
Elles contiennent des agents de synthèse, des conservateurs et des détergents qui n’ont rien à faire sur un épiderme fragilisé. Le tableau suivant met en lumière le fossé qui sépare un véritable savon artisanal d’un produit industriel se faisant passer pour ce qu’il n’est pas.
| Savon artisanal naturel | Savon industriel |
|---|---|
| Huiles bio (olive, coco, baie de laurier) | EDTA trisodique (stabilisant) |
| Huiles essentielles (2% max) | Étidronate trisodique (conservateur) |
| Argiles naturelles | Détergents et laurylsulfate de sodium |
| pH respectueux de la peau | pH alcalin agressif |
Plutôt que le savon de Marseille, privilégiez un savon saponifié à froid (SAF) surgras. Ce procédé de fabrication conserve la glycérine (un agent hydratant naturellement produit) et l’excédent d’huiles nobles, ce qui en fait un produit nettoyant infiniment plus doux et respectueux de votre peau.
L’erreur de frotter son visage avec du marc de café trop gros
Face à l’apparition de boutons et d’un teint brouillé, le premier réflexe est souvent de vouloir « décaper » la peau, de la gommer pour la lisser. C’est là qu’interviennent les recettes « DIY » (Do It Yourself) populaires, comme le gommage au marc de café. Si l’intention est louable, la méthode est souvent désastreuse pour une peau en plein sevrage de silicones. Votre épiderme, déjà stressé et irrité par ce changement brutal, est dans un état inflammatoire. Lui infliger une exfoliation mécanique agressive avec des grains grossiers et anguleux comme ceux du marc de café ne fait qu’attiser le feu. Vous créez des micro-lésions à la surface de la peau, vous affaiblissez encore plus sa barrière protectrice et vous propagez les bactéries, ce qui peut entraîner de nouvelles inflammations.
Retour d’expérience sur l’arrêt des silicones
De nombreuses femmes partagent une expérience similaire. Une utilisatrice raconte : « Il y a un peu plus de deux mois, l’état de ma peau se détériorait : boutons sur les joues, dartres, peau irritée et terne. J’ai compris que ma BB Crème était pleine de silicones. Depuis que je l’ai éliminée et que j’ai adopté des gestes plus doux, ma peau retrouve enfin un aspect correct. » Ce témoignage illustre parfaitement comment l’irritation, qu’elle vienne des produits ou de gestes trop agressifs, est au cœur du problème.
L’exfoliation n’est pas à bannir, mais elle doit être repensée. Oubliez les gommages « à grains » et privilégiez l’exfoliation enzymatique ou chimique douce. Les acides de fruits (AHA) à faible concentration, l’acide lactique ou les enzymes de papaye, par exemple, « grignotent » les cellules mortes en douceur sans friction ni irritation. Vous pouvez aussi opter pour des masques à l’argile rose ou blanche, qui purifient sans agresser. L’objectif n’est pas de frotter, mais de stimuler le renouvellement cellulaire avec intelligence et douceur.
Votre plan d’action pour une exfoliation respectueuse
- Points de contact : Listez tous vos gestes exfoliants actuels (gommages, brosses nettoyantes, cotons réutilisables rugueux).
- Collecte : Identifiez les agents exfoliants dans vos produits (marc de café, noyaux d’abricot, sucre…). Sont-ils gros et irréguliers ?
- Cohérence : Ce geste est-il aligné avec votre objectif de douceur ? Une peau en transition a besoin de réconfort, pas d’agression.
- Mémorabilité/émotion : Le geste est-il un rituel apaisant ou une corvée abrasive ? Cherchez des alternatives douces (poudres de plantes, argiles) qui transforment le soin en plaisir.
- Plan d’intégration : Remplacez immédiatement les exfoliants mécaniques par un masque enzymatique une fois par semaine maximum, et observez la réaction de votre peau.
Faut-il vraiment se laver le visage le matin avec une routine naturelle ?
La question du nettoyage matinal est un débat passionné dans le monde de la beauté. La réponse, surtout dans le cadre d’une routine naturelle et d’une peau en transition, penche clairement vers le minimalisme. Durant la nuit, votre peau n’est pas inactive. Elle travaille activement à se régénérer, à réparer les dommages de la journée et, surtout, à produire son propre film hydrolipidique. Ce mélange précieux de sébum et de sueur est votre meilleure crème de jour : il est parfaitement adapté à vos besoins, gratuit, et constitue une barrière de protection naturelle contre les agressions extérieures.
Utiliser un nettoyant, même doux, chaque matin revient à anéantir ce travail nocturne. Vous décapez cette barrière protectrice, laissant votre peau « à nu » et la forçant à puiser dans ses réserves pour se défendre tout au long de la journée. Pour une peau déjà déséquilibrée par l’arrêt des silicones, c’est un stress supplémentaire totalement contre-productif. Si votre double nettoyage du soir a été correctement effectué, votre peau est propre. Elle n’a pas besoin d’un second nettoyage intensif quelques heures plus tard.

Alors, que faire au réveil ? La réponse est la simplicité même. Un simple geste suffit pour rafraîchir la peau et la préparer à recevoir ses soins. Le plus doux et le plus efficace est de vaporiser une brume d’hydrolat (eau florale) ou d’eau thermale. Choisissez un hydrolat adapté à votre problématique : camomille pour apaiser les rougeurs, rose pour l’éclat, bleuet pour le contour des yeux… Tamponnez ensuite délicatement avec une serviette propre ou, mieux encore, laissez la peau légèrement humide pour appliquer votre sérum hydratant. Ce dernier pénétrera d’autant mieux. Ce rituel simple respecte l’équilibre de votre peau, préserve son film protecteur et lui apporte les premiers actifs de la journée en toute légèreté.
Dimethicone, Amodimethicone : comment les repérer en 2 secondes sur une étiquette ?
Devenir autonome dans sa routine naturelle, c’est avant tout apprendre à décrypter les listes d’ingrédients (INCI). Vous avez décidé d’arrêter les silicones, mais ils sont partout et se cachent sous des noms complexes. Heureusement, il existe une astuce très simple pour les démasquer en un clin d’œil. La grande majorité des silicones utilisés en cosmétique ont des noms qui se terminent de la même manière.
Pour les repérer, cherchez simplement les terminaisons suivantes dans la liste INCI :
- -cone (ex: Dimethicone, Cyclomethicone)
- -conol (ex: Dimethiconol)
- -silane (ex: Silane)
- -siloxane (ex: Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane)
Le Dimethicone est l’un des plus courants. C’est un silicone non volatil qui forme un film assez lourd sur la peau, responsable de l’effet « lissant » et occlusif. Le Cyclopentasiloxane, quant à lui, est un silicone volatil : il donne une sensation de légèreté et de glissant à l’application avant de s’évaporer, mais il n’en reste pas moins problématique pour l’environnement et potentiellement pour la santé. Certains de ces composés sont en effet dans le viseur des autorités sanitaires.
Au-delà de leur effet occlusif, certains silicones sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. L’UFC-Que Choisir, par exemple, a identifié plusieurs silicones comme étant préoccupants. En voici quelques-uns à mémoriser pour une vigilance accrue :
- Cyclopentasiloxane (D5) : Il est considéré comme un perturbateur endocrinien et est très persistant dans l’environnement.
- Cyclotetrasiloxane (D4) : Classé comme toxique pour la reproduction en Europe et son utilisation est déjà restreinte.
- Octamethylcyclotetrasiloxane : Un autre nom pour le D4, soupçonné d’être nocif.
Savoir lire une étiquette est votre meilleur pouvoir. Ne vous fiez pas aux slogans marketing « naturel » ou « végétal » sur le devant de l’emballage, mais retournez le produit et prenez deux secondes pour scanner la liste INCI. C’est le seul moyen d’être sûre de ce que vous appliquez sur votre peau.
Pourquoi le maquillage nude ne tient pas sur une peau déshydratée ?
C’est un autre symptôme frustrant de la transition : votre fond de teint ou votre BB crème « nude », qui avait l’habitude de glisser parfaitement, fait maintenant des paquets, marque les zones sèches ou disparaît en quelques heures. Là encore, la faute ne vient pas du produit de maquillage, mais de la toile de fond : votre peau. Les silicones que contenaient vos anciens soins ou fonds de teint agissaient comme une base de maquillage intégrée. Ils formaient un film lisse et uniforme qui comblait les pores et les ridules, créant une surface parfaite sur laquelle le maquillage pouvait adhérer.
Sans ce film artificiel, le maquillage est appliqué sur votre « vraie » peau, avec sa texture, ses besoins et ses imperfections. Si votre peau a « soif », c’est-à-dire qu’elle est déshydratée, elle va se comporter comme une éponge. Elle va littéralement « boire » la phase aqueuse de votre fond de teint. Les pigments, privés de leur liant, vont alors s’accumuler dans les zones sèches et les ridules, créant un effet « plâtreux » et peu flatteur. Le maquillage ne tient pas, il est absorbé.
Inversement, si votre peau est mal nourrie et produit un excès de sébum pour compenser, le maquillage va « glisser » sur cette surface grasse et ne parviendra pas à se fixer. Dans les deux cas, le problème n’est pas le maquillage, mais la préparation de la peau en amont. Un maquillage naturel ne pourra être réussi que sur une peau parfaitement équilibrée en eau et en gras. C’est la confirmation que la réussite de votre maquillage dépend directement de la qualité de votre routine de soin. Avant même de penser au fond de teint, demandez-vous : ai-je bien hydraté ma peau avec un sérum ? Ai-je scellé cette hydratation avec une crème ou une huile adaptée ? La réponse à ces questions déterminera la tenue et l’aspect de votre maquillage pour le reste de la journée.
À retenir
- L’arrêt des silicones n’est pas une « détox » mais un diagnostic qui révèle les vrais besoins de votre peau : soif (eau) ou faim (gras).
- Le double nettoyage (huile puis nettoyant doux) est la seule méthode efficace pour nettoyer une peau utilisant des soins naturels riches en corps gras.
- Les gestes agressifs comme les nettoyants décapants (savon de Marseille) ou les gommages à gros grains (marc de café) sont les ennemis d’une transition réussie et doivent être remplacés par des alternatives douces.
Pourquoi votre crème « naturelle » contient-elle quand même des perturbateurs endocriniens ?
Vous avez scrupuleusement suivi toutes les étapes. Vous avez appris à lire les étiquettes, à repérer les terminaisons en « -cone » et « -xane ». Vous avez choisi une crème portant la mention « d’origine naturelle » et pourtant, le doute subsiste. C’est parce que l’univers de la cosmétique est complexe et que le greenwashing est une pratique courante. Le terme « naturel » n’est pas réglementé et peut cacher des réalités très différentes. Certains silicones, notamment les plus volatiles comme le Cyclopentasiloxane (D5) ou le Cyclotetrasiloxane (D4), peuvent se retrouver dans des formules qui se veulent « légères » ou « non grasses », même si elles mettent en avant un ingrédient végétal.
De plus, l’allégation « sans silicone » est elle-même devenue un outil marketing complexe. En effet, un règlement européen de juillet 2019 a encadré l’utilisation des allégations « sans », considérant que dénigrer une famille d’ingrédients autorisés et jugés sûrs par la réglementation (comme les silicones dans leur ensemble) pouvait induire le consommateur en erreur. Cela n’empêche pas les marques de trouver des formulations détournées pour communiquer sur la « naturalité » de leurs produits. La vigilance reste donc de mise.
Le plus important est de comprendre que la transition vers le naturel n’est pas un changement de produits, mais un changement de philosophie. Il s’agit de passer d’une logique de camouflage à une logique de soin. Cela demande d’accepter sa peau telle qu’elle est, d’apprendre son langage et de lui fournir les briques fondamentales (eau, bons gras, vitamines) dont elle a besoin pour fonctionner sainement par elle-même. C’est un cheminement qui demande de la patience et de l’observation, mais qui est infiniment plus gratifiant sur le long terme que la recherche d’une solution miracle et superficielle.
En devenant l’experte de votre propre peau, vous vous offrez le plus grand des pouvoirs : celui de ne plus dépendre des promesses marketing, mais de construire une routine sur-mesure, efficace et authentiquement saine. Pour aller plus loin et bénéficier d’un diagnostic personnalisé, l’accompagnement par un professionnel de la peau peut être une étape décisive.
Questions fréquentes sur la détox cutanée après les silicones
Pourquoi les silicones sont-ils problématiques pour l’environnement ?
Les silicones sont des ingrédients de synthèse qui ne sont pas facilement biodégradables. Une fois rincés, ils se retrouvent dans les eaux usées et peuvent persister longtemps dans l’environnement, notamment dans les milieux aquatiques.
Peut-on mentionner ‘sans silicone’ sur un produit cosmétique ?
Cette mention est interdite depuis juillet 2019 par un règlement européen. Elle est considérée comme un outil marketing potentiellement trompeur, car elle pourrait dénigrer une famille d’ingrédients (les silicones) qui sont autorisés et considérés comme sûrs dans le cadre de la réglementation cosmétique.
Quelles alternatives naturelles remplacent les silicones ?
De nombreuses alternatives végétales permettent de recréer le toucher sensoriel et l’efficacité des silicones. Les huiles végétales volatiles ou estérifiées offrent un fini léger et non gras, tandis que les gommes naturelles (comme la gomme de guar) ou le gel de lin peuvent apporter un effet gainant et lissant.