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La beauté vénéneuse du muguet
Symbole du premier mai, le muguet (Convalaria majalis L.) est une plante herbacée d'une trentaine de centimètres de haut, à rhizome rampant. La hampe florale porte en une grappe unilatérale des fleurs en clochette au parfum suave. Les fruits, petites baies rouges à plusieurs graines, sont moins connus du public.
Sous sa beauté délicate, le muguet est pourtant une plante toxique contenant diverses substances cardiotoxiques : convallotoxine, convalloside, convallataxol, convallarine, majaline. Ces composés sont hydrosolubles et diffusent jusque dans l'eau des fleurs coupées.
La médecine populaire utilise le muguet depuis le XVIe siècle pour traiter les affections cardiaques et l'épilepsie. Les fleurs sont utilisées dans l'industrie des parfums.
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La floraison du colza
En ce début mai, la floraison du colza ne passe guère inaperçue et engendre de somptueuses étendues jaune d'or dans le paysage campagnard.
Les fleurs de colza, très mellifères, produisent un miel très clair, presque blanc en cristallisant. Sursaturé en glucose - et non pas en fructose comme les autres miels - Il a une fâcheuse tendance à cristalliser dès qu'il est sorti de la ruche. Ses qualités gustatives ne font pas non plus l'unanimité et il demeure l'un des rares miels monofloraux à ne pas étaler son nom, peut-être pour ne pas évoquer les traitements phytosanitaires dont aurait pu bénéficier la plante. Et sur les étals, l'appellation "miel de colza" laisse souvent la place à celle plus flatteuse de "miel de printemps".
Le colza est souvent conduit en culture d'hiver. Semé en automne, il fleurit en avril-mai de l'année suivante et ses graines arrivent à maturité en juin. Oléagineux cultivé depuis longtemps pour son huile et ses tourteaux prisés du bétail, son origine demeure pourtant encore incertaine. On ne lui connaît aucune variété sauvage et les individus poussant isolément se sont échappés des cultures. On estime néanmoins que la plante serait issue d'un croisement fertile entre une navette (Brassica campestris L.) et un choux (Brassica oleracea L.).
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Le lapin de garenne
De moeurs plutôt crépusculaires ou nocturnes, le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) n'hésite pourtant pas à se promener en plein jour pour peu que les lieux soient assez tranquilles. Il ne s'aventure guère cependant à plus de 100 mètres de son terrier.
Le lapin de garenne vit en communautés composées de couples et de leurs familles, mais le mâle dominant féconde pratiquement toutes les femelles. Le taux de reproduction est particulièrement élevé et la femelle met bas cinq à six fois par an, chaque portée comportant cinq à six petits qui naissent glabres et aveugles.
Malgré cette prolificité, les populations de lapins de garenne ont fortement régressé depuis le début des années cinquante. L'espèce a payé - et continue de payer - un lourd tribut à deux maladies virales : la myxomatose et la VHD (Viral Hemorrhagic disease). La dégradation continue de son environnement ou le morcellement de celui-ci constituent deux facteurs agravants de la diminution des effectifs.
Lapin et marine ne font guère bon ménage. Les superstitions maritimes européennes prohibent souvent l'emploi du mot "lapin" à bord des navires. On y parle alors d'"animal aux longues oreilles" ou de "cousin du lièvre". Selon l'explication la plus répandue, mais aussi probablement la plus fausse, cette supersition remonterait au temps de la marine à voile. A cette époque, les cordages arrimant les cargaisons ou fixant les voiles étaient en chanvre, de même que le calfatage de la coque. Et un lapin échappé de sa cage aurait vite fait de les grignoter, occasionnant des voies d'eau fatales dans les cas les plus graves. Cette explication ne convainct pourtant pas. Les principaux dégâts commis à bord étaient le fait des rats et les marines arabes ou asiatiques n'ont jamais interdit l'embarquement de lapins. L'hypothèse la plus crédible est probablement à rechercher dans les croyances médiévales. Alors que les mers étaient déjà le lieu de tous les dangers, pourquoi majorer le risque en embarquant un animal dont la frénésie sexuelle et la lèvre fendue évoquaient le Malin ?
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