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La forêt domaniale de Sénart
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Historique et défis
Historique
Forêt sacrée pour les druides, la forêt de Sénart occupait à l'époque une superficie bien plus étendue qu'actuellement. Elle faisait partie à l'époque d'un important massif forestier qui couvrait tout l'est parisien. Au IXe siècle, elle rejoignait encore le bois de Vincennes par sa partie nord, et les forêts de Rougeau et de Fontainebleau par sa partie sud.
Son importance et sa position procche de la capitale en ont tôt fait un lieu de prédilection pour les activités cynégétiques royales. AInsi, Saint Louis y chassait régulièrement et y aurait créé un prieuré, l'Ermitage Notre-Dame de Consolation tandis que Louis XIV y fit aménager routes et carrefours. Selon la légende, Louis XV y aurait quant à lui rencontré à l'occasion d'une partie de chasse sa future favorite, Mme Lenormand d'Etiolles, qui deviendra ensuite la marquise de Pompadour.
La forêt de Sénart devint forêt domaniale en 1870 et a récemment été désignée forêt pilote dans le cadre d'un projet européen.
Sa gestion est actuellement confiée à l'Office National des Forêts (ONF).
Les défis
Les défis que doit relever la forêt de Sénart relèvent pour l'essentiel de son statut de forêt périurbaine et de son enchâssement au coeur d'une zone fortement urbanisée.
1 - La gestion d'un afflux toujours croissant de visiteurs
Près de 3 millions de visiteurs fréquentent ainsi annuellement le massif de Sénart. Selon une étude réalisée ces dernières années, il apparaît que 60 % des visiteurs résident dans l'une des 12 communes riveraines, 20 % proviennent du reste de l’Essonne, 5% de Paris et 15% des départements limitrophes.
L'accueil d'une telle population ne doit pas se faire anarchiquement si l'on tient à préserver le côté naturel des lieux et à minimiser les nuisances d'une hyperfréquentation.
Le Conseil Général de l'Essonne et l'ONF se sont donc attelés conjointement à minimiser l'impact de la circulation automobile dans le massif et à favoriser l'accès par des alternatives "douces" : transport en commun, à pied, à vélo, à cheval.
Les voies de circulation ont donc été fermées dès 1998, et les aires de stationnement repoussées en périphérie.
Dans le même état d'esprit, l'Allée Royale, promenade liant la forêt de Sénart à celle de Rougeau a t-elle été réhabilitée en 2004. Jusqu'à ces dernières années, il ne substistait de cette longue allée de 5,8 km créée en 1751 qu'un chemin de terre. Actuellement large de 50 mètres, bordée de 502 séquoias, et traversant une prairie bientôt plantée de 1000 pommiers anciens, cette allée constitue un magnifique axe de promanade, uniquement accessible aux piétons, cavaliers et vélos.
2 - La gestion des nuisances
Il apparaît évident qu'une fréquentation aussi importante que subit la forêt de Sénart entraîne des nuisances : pollution chronique liée à l'écoulement des eaux pluviales provenant des parkings, décharges sauvages, incivilité et mal-propreté de certains.
Autre point dur, qui ne semble pas devoir être résolu à brève échéance : la traversée de la forêt de Sénart par la nationale 6 : vItesse excessive, traffic intense, prostitution aux abords...
3 - La gestion des conflits d'intérêts des différents utilisateurs

Près de 3 millions de visiteurs fréquentent le massif de Sénart. Parmi eux : promeneurs, randonneurs, cavaliers, joggers, adeptes du VTT ou des rollers etc. Ce ne sont cependant pas les seuls "utilisateurs" de la forêt. Ils faut y rajouter forestiers et chasseurs.
Ces différentes catégories d'utilisateurs ont des besoins
et des aspirations différents, parfois incompris, parfois antagonistes
et qui peuvent être source de conflits d'intérêt.
Chasseurs (surtout) et forestiers (parfois) viennent à être la cible du mécontentement de certains comme l'illustrent les photographies ci-jointes.
On peut être ou ne pas être d'accord avec l'exploitation forestière ou avec la chasse pour des motifs tout à fait légitimes, mais dans les cas illustrés ici, la stupidité des "tags" laisse pantois.
Le rôle des forestiers, quoique souvent incompris ou mal compris, est essentiel. Et ce d'autant plus que la forêt a beaucoup souffert de la tempête de 1999. Environ 100 000 m3 de bois, soit 15 à 20 ans de récolte normale, ont ainsi été perdus à cette occasion et les chutes d'arbres ont par endroits modifié significativement le milieux naturel.
Quant à la chasse, si son exercice a le don d'hérisser le poil de certains, elle s'avère également essentielle. Massif très riche, la forêt de Sénart abrite de très nombreuses populations de chevreuils et sangliers. Et il s'avère indispensable de les maintenir à un niveau acceptable (par exemple 4-5 sangliers / 100 ha), compatible à la fois avec les impératifs de la sylviculture, de la sécurité routière et du respect des propriétés avoisinantes. Bien sûr, on pourra toujours disserter sur les moyens d'y arriver : capture et lâcher de grands animaux en d'autres massifs ou régions, tir sélectif, battues etc., mais ceci ne change guère la problématique de base.
4 - La préservation de certaines zones protégées
Malgré son caractère périurbain, le massif de Sénart recèle d'importantes richesses naturelles qu'il convient absolument de protéger. Ces richesses concernent tout autant la faune, la flore que les habitats (chênaies, landes, mares). Certaines d'entre elles font d'ailleurs l'objet de protection tant au niveau national, qu'européen.
En dépit du fait que l'inventaire des richesses naturelles de cette forêt n'ait pas encore été totalement achevé, il apparaît utile de préserver certains biotopes remarquables en les soustrayant partiellement si ce n'est totalement à la visite du grand public.